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Étape 4 · Au long cours

Alimentation, poids et articulations : ce que l'assiette peut faire

On ne remplace pas une hanche avec une fourchette. Mais ce que l'on mange influe sur le poids que portent les articulations, sur la récupération des muscles et sur la solidité des os. Tour d'horizon, sans régime miracle ni interdit.

Publié le 6 min de lecture

Le poids, premier sujet

Chaque pas fait porter aux hanches et aux genoux une charge qui dépasse le poids du corps, et qui augmente encore dans les escaliers ou en descente. C'est pourquoi la question du poids revient si souvent en consultation, avant comme après la pose d'une prothèse.

Un surpoids important n'empêche pas l'intervention dans la plupart des cas, mais il peut compliquer certains aspects : la cicatrisation, la mobilité des premiers jours, l'effort demandé aux muscles pendant la rééducation. Et surtout, à long terme, il sollicite davantage les autres articulations, en particulier l'autre hanche et les genoux.

L'Assurance maladie détaille sur ameli les repères pour comprendre le surpoids chez l'adulte et agir. Retenons l'essentiel : il n'est pas question de maigrir vite ni de suivre un régime strict, surtout autour d'une opération. Une perte de poids, si elle est souhaitable, se discute avec le médecin traitant et se fait progressivement, en associant alimentation équilibrée et activité physique adaptée.

Pendant la convalescence : manger assez, et bien

Paradoxalement, juste après l'opération, le risque n'est pas de trop manger mais de ne pas manger assez. La fatigue, la douleur, certains médicaments et la moindre activité coupent souvent l'appétit. Or l'organisme a besoin d'énergie et de matériaux pour cicatriser et reconstruire du muscle.

Quelques idées pour les semaines qui suivent le retour à la maison :

  • fractionner : trois petits repas et une ou deux collations plutôt que deux gros repas ;
  • garder des aliments simples à portée de main : yaourts, fromage, œufs durs, compotes, pain complet ;
  • préparer ou faire préparer des plats à l'avance, à réchauffer ;
  • manger à table, assis sur une chaise de bonne hauteur, plutôt que sur un canapé bas.

Si l'appétit reste très faible ou si vous perdez du poids sans le vouloir, signalez-le à votre médecin, en particulier si vous avez plus de 70 ans.

Les protéines, pour les muscles

La rééducation demande aux muscles de la cuisse et de la fesse de se reconstruire. Pour cela, ils ont besoin de protéines, que l'on trouve dans :

  • la viande, la volaille, le poisson et les œufs ;
  • les produits laitiers : yaourts, fromage blanc, fromages ;
  • les légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots secs ;
  • les céréales complètes, dans une moindre mesure.

L'idée est d'en avoir à chaque repas, en variant les sources. Chez les personnes âgées, dont l'appétit diminue souvent, ce point mérite une attention particulière : un œuf au petit-déjeuner, un laitage au goûter, une poignée de lentilles dans la soupe font la différence sur la journée.

Calcium et vitamine D, pour les os

La prothèse est fixée dans l'os. Des os solides sont donc un atout, et ce d'autant plus que l'ostéoporose, fréquente avec l'âge, augmente le risque de fracture en cas de chute.

Le calcium se trouve surtout dans les produits laitiers, mais aussi dans certaines eaux minérales, les légumes verts comme le chou ou les épinards, les amandes et les sardines avec leurs arêtes. La vitamine D est fabriquée par la peau sous l'effet du soleil, et apportée par les poissons gras comme la sardine, le maquereau ou le hareng, ainsi que par les œufs.

Les besoins varient selon l'âge et l'état de santé, et la prévention de l'ostéoporose associe toujours l'alimentation à l'activité physique. Si vous vous interrogez sur votre propre situation, c'est une question à poser à votre médecin.

Les grands repères de l'assiette

Pour le reste, les recommandations qui conviennent aux articulations sont celles qui conviennent à la santé en général. Le programme public Manger Bouger les a rassemblées dans ses recommandations alimentaires pour les adultes :

  • des fruits et légumes à chaque repas, frais, surgelés ou en conserve ;
  • des légumineuses plusieurs fois par semaine ;
  • des féculents complets plutôt que raffinés ;
  • du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras ;
  • des huiles de colza, de noix ou d'olive ;
  • moins de charcuterie, de produits sucrés, de sel et d'alcool.

Rien de spectaculaire, mais c'est la régularité qui compte. Les aliments présentés comme « anti-arthrose » ou les régimes d'exclusion vantés sur internet ne reposent généralement pas sur des preuves solides. Méfiez-vous des promesses trop belles.

Boire suffisamment

L'eau participe à toutes les fonctions du corps. Après une opération, une bonne hydratation aide notamment à limiter la constipation, fréquente avec certains antidouleurs et la moindre activité. Avec l'âge, la sensation de soif diminue : gardez une bouteille ou une carafe à portée de main, dans le salon comme près du lit. Les soupes, tisanes et laitages comptent aussi.

Penser à toutes ses articulations

Une prothèse règle le problème d'une hanche. Mais les autres articulations continuent de travailler, et elles ont parfois compensé pendant des années la hanche douloureuse. Les genoux, l'autre hanche, le dos méritent eux aussi qu'on les ménage. Garder un poids stable, bouger tous les jours, renforcer ses muscles et manger de façon variée : ces habitudes profitent à l'ensemble du squelette, bien au-delà de la hanche opérée.

Pour les gestes eux-mêmes, porter, se baisser, jardiner, nous avons réuni des conseils pratiques dans notre article sur les bonnes habitudes pour épargner hanches et genoux.

L'activité physique, l'autre moitié de l'équation

L'alimentation ne fait pas tout. Les muscles se construisent quand on s'en sert, et l'équilibre entre ce qu'on mange et ce qu'on dépense passe aussi par le mouvement. La marche quotidienne, puis d'autres activités selon l'avis du chirurgien, complètent naturellement une assiette équilibrée. Si vous vous demandez par où commencer, notre article sur la marche qui revient semaine après semaine est un bon point de départ.

En résumé

  1. Ni régime strict ni restriction autour de l'opération : manger assez, et varié.
  2. Des protéines à chaque repas pour aider les muscles à se reconstruire.
  3. Du calcium et de la vitamine D pour des os solides.
  4. Un poids stable sur la durée, discuté avec le médecin si une perte est souhaitable.
  5. De l'eau régulièrement, sans attendre la soif.
  6. De l'activité physique, chaque jour, à son niveau.

Et si vous préparez une intervention, ces repères s'intègrent naturellement à la mise en condition physique des semaines d'attente.

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