L'idée : arriver en forme, pas épuisé
Quand la hanche fait mal depuis des mois, on finit souvent par moins bouger. On évite les escaliers, on raccourcit les promenades, on reste assis plus longtemps. C'est une réaction naturelle, mais elle a un coût : les muscles de la cuisse et de la fesse s'affaiblissent, l'endurance baisse, et l'équilibre devient moins sûr.
Or ce sont précisément ces muscles qui seront sollicités après l'opération, pour se lever, marcher avec des cannes, monter une marche. Plusieurs équipes de chirurgie orthopédique encouragent donc une préparation physique avant l'intervention, parfois appelée préhabilitation. Il ne s'agit pas de performance, mais d'entretenir ce qui peut l'être, dans la limite de la douleur.
Avant de vous lancer, parlez-en à votre chirurgien ou à votre médecin traitant. Selon votre état, ils pourront vous prescrire quelques séances de kinésithérapie avant l'opération. C'est le kinésithérapeute qui choisira les exercices adaptés à vous, à votre hanche et à vos autres articulations.
Ce qu'on travaille le plus souvent
Les programmes varient, mais on retrouve souvent les mêmes grandes familles d'exercices.
Les muscles de la cuisse. Le quadriceps, à l'avant de la cuisse, sert à se relever d'une chaise et à monter les marches. Il se renforce souvent par des mouvements simples réalisés assis ou allongé.
Les muscles de la fesse. Les fessiers stabilisent le bassin à chaque pas. Quand ils sont faibles, la marche devient plus boiteuse.
Les bras et les épaules. On l'oublie, mais ce sont eux qui portent une partie du poids sur les cannes, et qui aident à se relever d'un fauteuil. Les renforcer un peu rend les premiers jours nettement plus confortables.
L'équilibre. Quelques exercices proposés par le kiné, près d'un appui solide, aident à retrouver de l'assurance.
Le souffle. Une activité d'endurance douce, comme la marche à son rythme ou le vélo d'appartement si la hanche le tolère, entretient le cœur et les poumons.
Nous ne donnons volontairement ni liste d'exercices ni nombre de répétitions : ce qui convient à l'un peut gêner l'autre, surtout quand la hanche est déjà douloureuse. Votre kiné saura doser.
Apprendre les gestes à l'avance
L'un des grands avantages d'une préparation avant l'opération est de pouvoir apprendre certains gestes au calme, sans douleur post-opératoire ni fatigue.
- Régler et utiliser les cannes anglaises, sur le plat puis dans l'escalier.
- Se lever d'une chaise et s'y asseoir en s'aidant des accoudoirs.
- Entrer et sortir du lit d'une manière qui ménage la hanche.
- Monter et descendre d'une voiture.
Si vous ne savez pas encore utiliser des cannes, demandez à votre kiné de vous montrer. Les grands principes sont décrits dans notre article sur la bonne façon de régler ses béquilles, mais rien ne remplace une démonstration en personne.
Garder une activité au quotidien
En dehors des séances, l'Assurance maladie rappelle dans sa page sur la vie quotidienne avec une arthrose de la hanche que l'activité physique adaptée fait partie de la prise en charge. Cela ne veut pas dire forcer sur une hanche douloureuse, mais éviter de s'immobiliser complètement.
Quelques idées, à valider avec votre médecin ou votre kiné :
- marcher un peu chaque jour, à son rythme, quitte à fractionner en plusieurs petites sorties ;
- pratiquer une activité en décharge, comme l'aquagym ou le vélo d'appartement, si elle est bien tolérée ;
- se lever régulièrement quand on reste longtemps assis.
Le principe général : une activité qui laisse la douleur à peu près stable dans les heures qui suivent est en général acceptable. Une douleur qui s'aggrave nettement est un signal pour lever le pied et en parler.
L'hygiène de vie dans les semaines qui précèdent
La préparation ne s'arrête pas aux muscles. Plusieurs éléments, dont on parle souvent en consultation, peuvent compter pour la suite.
- Le tabac. Si vous fumez, demandez conseil pour arrêter ou réduire avant l'intervention. Votre médecin peut vous accompagner.
- L'alimentation. Manger de façon variée, avec assez de protéines, aide l'organisme à aborder l'opération dans de bonnes conditions. Nous y consacrons un article de fond sur le lien entre assiette, poids et articulations.
- Le sommeil. Il est souvent perturbé par la douleur. Si c'est votre cas, signalez-le : des solutions peuvent être proposées.
- Les dents et la peau. Un bilan dentaire est souvent demandé avant la pose d'une prothèse, et toute plaie ou infection de la peau doit être signalée.
Et le moral ?
L'attente d'une opération peut être une période d'inquiétude. Se préparer physiquement aide aussi sur ce plan : on se sent moins passif, on voit de petits progrès, on apprend à connaître le kiné qui vous suivra peut-être après. Parler avec des personnes déjà opérées, à condition de garder en tête que chaque parcours est différent, est souvent rassurant.
La Haute Autorité de santé a publié un avis sur les référentiels de kinésithérapie après prothèse totale de hanche. Le document s'adresse aux professionnels, mais il montre que la rééducation fait partie d'un parcours organisé, et non d'une improvisation.
Une fois la date fixée, il restera à terminer les préparatifs à la maison. Notre liste des aménagements à prévoir vous aidera à ne rien oublier.