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Étape 2 · Les premières semaines

Cannes anglaises : bien les régler et monter un escalier sans stress

Les cannes anglaises paraissent simples jusqu'au moment où l'on doit s'en servir pour de vrai. Bien réglées et bien utilisées, elles deviennent des alliées discrètes. Mal réglées, elles fatiguent les épaules et déséquilibrent la marche.

Publié le 5 min de lecture

À quoi servent-elles exactement ?

Après la pose d'une prothèse de hanche, les cannes ont plusieurs rôles. Elles soulagent une partie du poids sur la jambe opérée, quand l'équipe le demande. Elles élargissent la base d'appui et rendent la marche plus stable. Elles aident aussi à retrouver un pas régulier, sans boiterie, pendant que les muscles reprennent des forces.

La façon de les utiliser, le nombre de cannes et la durée pendant laquelle on les garde dépendent de votre intervention et de vos progrès. C'est le chirurgien et le kinésithérapeute qui donnent ces consignes. Les principes ci-dessous sont des repères généraux, à faire vérifier par eux.

Le réglage de la hauteur

Une canne bien réglée se reconnaît facilement. Debout, bras le long du corps, chaussures aux pieds, la poignée doit arriver à peu près au niveau du pli du poignet. Quand vous tenez la poignée, le coude reste légèrement plié.

  • Trop hautes, les cannes font remonter les épaules et fatiguent la nuque.
  • Trop basses, elles obligent à se pencher en avant et déséquilibrent.

La manchette, qui entoure l'avant-bras, se place en général sous le coude, sans le gêner. Réglez les deux cannes à la même hauteur. Vérifiez au passage que les embouts en caoutchouc ne sont pas usés : un embout lisse glisse sur le carrelage mouillé.

Marcher sur le plat

Le schéma le plus courant après une prothèse de hanche, quand deux cannes sont utilisées, est la marche « en trois temps » :

  1. On avance les deux cannes ensemble, à une petite distance devant soi.
  2. On avance la jambe opérée, à la hauteur des cannes.
  3. On avance la jambe non opérée, en la posant un peu au-delà.

Avec le temps, et selon les consignes, cette marche devient plus fluide, en alternance : une canne et la jambe opposée avancent ensemble, comme quand on balance les bras en marchant. Plus tard encore, on passe parfois à une seule canne, tenue du côté opposé à la hanche opérée.

Regardez devant vous, pas vos pieds. Faites des pas de longueur régulière. Et prenez votre temps dans les virages : on tourne en faisant de petits pas, sans pivoter sur la jambe opérée.

L'escalier : la phrase à retenir

C'est la partie qui inquiète le plus. Une formule circule dans tous les services de rééducation : « Le bon pied monte au paradis, le mauvais descend aux enfers. »

Pour monter :

  1. On se tient près de la première marche, de préférence à la rampe.
  2. La jambe non opérée monte en premier.
  3. La jambe opérée suit, avec la canne.

Pour descendre :

  1. Les cannes, ou la canne, descendent en premier sur la marche inférieure.
  2. La jambe opérée suit.
  3. La jambe non opérée vient se poser à côté.

On monte et on descend une marche à la fois, en posant les deux pieds sur chaque marche. Si une rampe existe, utilisez-la : on tient alors la rampe d'une main et les deux cannes, ou une seule, de l'autre, selon ce que votre kiné vous aura montré. Les premières fois, faites-vous accompagner.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Laisser les cannes trop loin devant. Le corps se penche, le pas devient hésitant.
  • Les poser trop près des pieds. On risque de se prendre les pieds dedans.
  • Marcher en regardant le sol. L'équilibre est meilleur le regard à l'horizon.
  • Abandonner les cannes trop tôt. Se sentir mieux ne veut pas dire que les muscles sont prêts. Attendez l'avis du kiné ou du chirurgien.
  • Les garder trop longtemps par habitude. À l'inverse, certaines personnes continuent par crainte alors qu'elles n'en ont plus besoin. Là encore, l'avis du professionnel aide à franchir le pas.

Les chaussures comptent aussi

Des chaussures fermées, à talon bas, avec une semelle qui accroche, vont de pair avec les cannes. Les mules et les chaussons ouverts sont à éviter, même dans la maison. Pour les enfiler sans se pencher, un chausse-pied à long manche ou des lacets élastiques rendent service.

Le site public consacré aux personnes âgées présente différents types de matériel et d'équipements, des cannes aux barres d'appui. Les cannes anglaises sont en général prescrites et remboursées ; renseignez-vous auprès de votre pharmacien ou de votre équipe.

Transporter des objets

Avec deux cannes, les mains ne sont plus libres. C'est souvent l'un des aspects les plus frustrants. Quelques solutions :

  • un sac à dos léger ou une sacoche en bandoulière ;
  • une desserte à roulettes dans la cuisine ;
  • un mug avec couvercle pour éviter de renverser ;
  • des poches de veste ou de tablier bien utiles.

Ne tentez pas de porter une tasse dans une main en tenant les deux cannes de l'autre : c'est la recette d'une glissade.

Et après ?

Le jour où l'on range les cannes est souvent vécu comme un cap symbolique. Il vient au fil de la rééducation, quand la marche est stable et que le kiné le juge possible. Pour la suite, notre article sur la reprise progressive de la marche raconte comment on passe des quelques mètres du couloir aux vraies promenades. Et si certaines séances vous paraissent mystérieuses, lisez le déroulé habituel de la kinésithérapie à domicile ou au cabinet.

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