Le premier lever
Dans beaucoup d'établissements, le premier lever a lieu tôt, parfois le jour même ou le lendemain de l'intervention, selon l'état de chacun et les habitudes de l'équipe. Il se fait toujours avec l'aide d'un soignant ou d'un kinésithérapeute.
Ce moment impressionne souvent. On se demande si la hanche va tenir, si l'on va avoir mal. L'équipe vous guide : comment s'asseoir au bord du lit, comment se mettre debout avec le déambulateur ou les cannes, combien de pas faire. Les premiers mètres sont courts, et c'est normal. Ils marquent pourtant le début de la récupération.
La durée du séjour
Elle varie beaucoup selon les établissements, les techniques utilisées et la situation de chacun. Certaines personnes rentrent très vite chez elles, d'autres passent quelques jours de plus à l'hôpital ou rejoignent un établissement de rééducation. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse : c'est l'équipe qui décide avec vous.
Avant la sortie, on vous remettra en général des ordonnances (soins infirmiers, kinésithérapie, médicaments, matériel), un rendez-vous de contrôle et des consignes écrites. Relisez-les avec un proche. Dans certains établissements, un conseiller de l'Assurance maladie peut aussi vous aider à organiser les premiers rendez-vous en ville.
La fatigue, grande oubliée
Beaucoup de personnes opérées sont surprises par la fatigue des premières semaines. L'anesthésie, l'intervention, la cicatrisation, les nuits parfois hachées : le corps puise dans ses réserves. Une courte marche peut suffire à donner envie de s'allonger.
Quelques conseils de bon sens :
- alternez les moments d'activité et de repos, sans culpabiliser de faire la sieste ;
- acceptez l'aide proposée pour les courses, le ménage, les repas ;
- buvez suffisamment et mangez de façon variée, même si l'appétit est réduit ;
- notez vos petites victoires : la distance parcourue, la première douche seul, la première nuit complète.
Dormir après l'opération
Le sommeil est souvent perturbé au début. La position sur le dos est la plus fréquente les premiers temps ; certaines équipes conseillent un coussin entre les jambes pour garder une bonne position de la hanche. La question de savoir quand et de quel côté se coucher dépend du type d'intervention : demandez-le précisément avant la sortie.
Si la douleur réveille la nuit, parlez-en à votre médecin, qui pourra adapter le traitement. Un lit à bonne hauteur et une lampe facile d'accès rendent les levers nocturnes plus sûrs ; c'est l'un des points de notre tour du logement avant l'intervention.
Les gestes du quotidien
Les premiers jours à la maison, chaque geste demande un peu d'organisation. S'habiller, se laver, aller aux toilettes, se faire un café : tout prend plus de temps. Les aides techniques remises ou conseillées à l'hôpital, comme l'enfile-chaussettes ou la pince à long manche, trouvent ici leur utilité.
Votre équipe vous aura peut-être indiqué certains mouvements à éviter pendant une période donnée, par exemple plier fortement la hanche ou croiser les jambes. Ces consignes dépendent de la technique opératoire et de votre situation : suivez celles qui vous ont été données, et pas celles d'un forum ou d'un voisin opéré ailleurs.
Pour les déplacements, les cannes restent le plus souvent indispensables au début. Notre article sur l'usage des cannes anglaises au quotidien revient sur leur réglage et sur la technique dans l'escalier.
La cicatrice
Le pansement est en général surveillé et changé par un infirmier à domicile, selon la prescription. Entre deux passages, gardez-le propre et sec, et suivez les consignes reçues pour la douche.
Signalez rapidement à votre médecin ou à l'équipe chirurgicale :
- une rougeur qui s'étend, une chaleur ou un gonflement inhabituel autour de la cicatrice ;
- un écoulement ;
- de la fièvre ;
- une douleur qui augmente au lieu de diminuer.
D'autres signes à ne pas laisser passer
Certaines situations justifient d'appeler sans attendre, voire de composer le 15 :
- un mollet douloureux, chaud ou gonflé ;
- un essoufflement inhabituel ou une douleur dans la poitrine ;
- une douleur brutale de la hanche avec impossibilité de bouger la jambe, ou une jambe qui paraît soudain plus courte ou tournée.
Ces situations sont rares, mais les connaître permet de réagir vite. Gardez près du téléphone le numéro du service où vous avez été opéré.
Éviter les chutes
Une chute dans les premières semaines est la crainte de toutes les personnes opérées, et à juste titre. Le site public consacré aux personnes âgées détaille comment prévenir les risques de chute à la maison ; ses conseils valent à tout âge après une opération. Portez des chaussures fermées qui tiennent bien le pied, évitez les sols mouillés, allumez la lumière la nuit.
Le moral
Il n'est pas rare d'avoir un petit coup de blues après une opération : la fatigue, la dépendance temporaire, la frustration de ne pas avancer aussi vite qu'on l'espérait. Parlez-en à vos proches, à votre médecin, à votre kiné. Les progrès sont souvent plus visibles d'une semaine à l'autre que d'un jour à l'autre.
Les démarches liées au séjour et à la sortie sont décrites sur la page d'ameli consacrée à l'hospitalisation. Et pour la suite du parcours, notre article sur les séances de rééducation après une prothèse explique comment se déroulent les semaines qui viennent.