Qui décide du moment de la reprise ?
Il n'existe pas de délai valable pour tout le monde. Le moment de la reprise dépend du côté opéré, de la technique, de la boîte de vitesses (manuelle ou automatique), de la force retrouvée dans la jambe, de la douleur et des médicaments pris. C'est votre chirurgien qui vous dira quand vous pourrez conduire à nouveau. Posez-lui la question lors de la consultation de contrôle, ou même avant l'opération.
La sécurité routière rappelle d'ailleurs que le médecin a un rôle d'information auprès du patient conducteur : c'est à lui de vous signaler ce qui pourrait altérer votre capacité à conduire. De votre côté, conduire alors que vous n'êtes pas en état peut engager votre responsabilité en cas d'accident.
Ce qu'il faut pouvoir faire avant de conduire
Avant même de démarrer, quelques vérifications de bon sens :
- Monter et descendre de la voiture seul, sans douleur excessive.
- Freiner fort et vite. C'est le point clé, surtout si la hanche opérée est la droite. Un freinage d'urgence demande de la force et de la réactivité dans la jambe.
- Tourner la tête et le buste pour vérifier les angles morts.
- Rester assis le temps du trajet sans inconfort important.
- Ne plus avoir besoin des cannes pour les petits déplacements autour de la voiture, ou savoir les ranger facilement.
Si l'un de ces points pose problème, attendez encore un peu. Le kinésithérapeute peut vous aider à évaluer certains d'entre eux.
Attention aux médicaments
Certains médicaments contre la douleur peuvent provoquer de la somnolence ou ralentir les réflexes. Regardez si la boîte porte un pictogramme en forme de triangle, et demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien. Ne conduisez pas si vous vous sentez somnolent.
Monter en voiture sans forcer
La technique la plus souvent enseignée en rééducation est la suivante, à faire valider par votre kiné :
- Reculez le siège au maximum et inclinez légèrement le dossier.
- Tournez le dos au siège et asseyez-vous d'abord, en vous tenant au cadre de la porte et au tableau de bord, jamais à la portière qui bouge.
- Faites ensuite pivoter le buste et les jambes ensemble pour les rentrer dans l'habitacle.
Pour sortir, on fait le mouvement inverse : on pivote d'abord, puis on se lève. Un coussin ferme sur le siège peut aider si celui-ci est très bas. Un sac plastique posé sur l'assise facilite parfois la rotation ; retirez-le avant de rouler.
Dans les premières semaines, en passager, la place avant est souvent plus confortable que l'arrière, plus étroite.
Les réglages à vérifier
- Hauteur du siège, pour ne pas s'enfoncer.
- Distance aux pédales, pour pouvoir enfoncer complètement le frein sans tendre la jambe à l'extrême.
- Rétroviseurs, pour limiter les rotations du buste.
- Ceinture, bien placée sur le bassin, pas sur la cicatrice si celle-ci est sensible.
Les premiers trajets
Pour la reprise, choisissez :
- un trajet court et connu ;
- un moment calme, en journée, par beau temps ;
- si possible, un accompagnateur qui pourra prendre le relais.
Augmentez ensuite la durée progressivement. Sur les longs trajets, faites des pauses régulières pour marcher un peu : rester longtemps assis immobile n'est bon ni pour la hanche ni pour la circulation dans les jambes.
Assurance et permis
Dans la grande majorité des cas, une prothèse de hanche bien récupérée n'entraîne pas de démarche particulière. Certaines situations médicales, en revanche, notamment des troubles durables de la mobilité, peuvent imposer un contrôle de l'aptitude à la conduite : la liste et la procédure sont décrites sur Service-Public, dans la fiche consacrée au permis de conduire et aux visites médicales pour raisons de santé. En cas de doute, interrogez votre médecin.
Côté assurance, lisez votre contrat ou appelez votre assureur pour savoir s'il demande d'être informé d'une intervention chirurgicale. Mieux vaut poser la question que découvrir un problème après un sinistre.
Si la voiture tarde
Si la reprise de la conduite prend plus de temps que prévu, il existe d'autres solutions : proches, voisins, transport à la demande, taxis conventionnés pour les rendez-vous médicaux prescrits. Profitez-en pour continuer à marcher : chaque sortie à pied renforce les muscles qui vous serviront au volant. Notre article sur les distances qui s'allongent semaine après semaine donne quelques idées.
Et si vous rêvez déjà de grands départs, nos conseils pour partir en vacances avec une hanche artificielle couvrent le train, l'avion et la voiture.